Achetez-vous des produits avec le logo sans gluten les yeux fermés ?

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Une erreur commune que font certaines personnes qui débutent sans gluten, c’est de sauter sans hésiter et sans y penser sur les produits transformés sans gluten du rayon « sans gluten » des magasins bio, et maintenant aussi des supermarchés et grandes surfaces.

L’objectif de cette 3ème leçon est de vous faire prendre conscience de…

L’importance de l’étiquetage et de ce qu’il peut cacher comme secret

Pour commencer, je vais vous demander de repenser à la 1ère leçon de cette série dans laquelle nous avons parlé d’une erreur que beaucoup de personnes font.  C’est de croire que seule la maladie coeliaque compte quand il s’agit de manger ou cuisiner sans gluten.

Et bien je suis au regret de vous annoncer que d’un coté la loi sur l’étiquetage, et de l’autre le « célèbre » logo sans gluten « à l’épi de blé barré » font selon moi cette erreur, et pire encore. La suite va surement vous surprendre, surtout si vous êtes malade coeliaque…

Ce qui est le plus gênant, c’est que parmi les malades coeliaques, il en a certains qui réagissent à des ingrédients qui sont validés par la loi comme étant sans gluten.

Vous voulez un exemple ? L’avoine !

C’est à n’y rien comprendre. Et pourtant je peux (essayer de) vous expliquer…

Pour définir le gluten, la loi (et je parle en particulier en Europe) se range au point de vue des médecins.

Les médecins font à ce jour uniquement confiance aux diagnostics médicaux avec tests biologiques validés  (par des biopsies, dosages sanguins d’anticorps spécifiques, etc.).

Sans trop rentrer dans des considérations techniques, une grande majorité des mécanismes biologiques discutés dans la 1ère leçon ne sont pas utilisables actuellement pour diagnostiquer une maladie liée au gluten car on ne peut pas mettre en place des tests de diagnostic en routine. Et en attendant, la médecine n’accorde donc aucune crédibilité à ces mécanismes d’action et effets méconnus du gluten.

A cela s’ajoutent des effets et symptômes liés à des mécanismes encore inconnus à ce jour. Tout cela fait que…

L’étiquetage sans gluten (et le logo sans gluten) ne suffisent pas

En attendant que les choses changent, la loi reflète cette situation loin d’être parfaite.

Maintenant allons encore plus loin.

Une petite proportion des malades coeliaques ont des réactions pour des aliments qui échappent à la définition médicale, classique, du gluten. Parfois les malades eux-mêmes ignorent qu’ils ont cette triste caractéristique.

La recherche scientifique sait que certains aliments pourtant « sans gluten » peuvent réactiver la maladie. Il y en a au moins 8 !! Je me limite volontairement à l’avoine ici pour rester simple, mais vous l’avez bien compris, ça n’est pas la seule source de problème possible…

Mis à part quelques très rares spécialistes bien informés de l’état des dernières avancées de la recherche médicale (et je fais de mon mieux pour rester au plus proche de ces experts dans mes propres recherches d’informations les plus fiables), les médecins ne prennent absolument pas en considération tout cela !! Ni la loi sur l’étiquetage sans gluten, ni l’industrie agro-alimentaire sans gluten… qui se contente justement de respecter la loi.

Globalement, vous l’avez compris, les médecins ignorent cela quand ils doivent prendre des décisions à grande échelle, y compris bien souvent dans leurs recommandations auprès de leurs propres patients.

Ainsi pour définir le gluten aux yeux de la loi, on se base aujourd’hui encore sur les recommandations générales des médecins en sachant pertinemment que les étiquetages induiront donc une bonne partie des malades en erreur…

Je m’explique avec un exemple.

Vous allez dans votre rayon sans gluten préféré et vous achetez un produit sans gluten, qui a ce logo sans gluten « à l’épi de blé barré ». Vous avez confiance, vous ne contrôlez pas sa composition.

Grossière erreur si vous ne supportez pas l’avoine !

Imaginons que vous faites partie de cette catégorie de malades qui à la malchance de faire une réaction à cet ingrédient pourtant considéré comme sans gluten alors qu’il peut provoquer des réactions chez certaines personnes.

Du coup votre maladie ou vos symptômes se réveillent, ou alors refusent de se calmer, malgré vos efforts (parfois depuis des mois et des années) à vous lancer à 100% dans l’alimentation sans gluten. Et vous ne comprenez pas ce qui vous arrive, ni pourquoi cela vous arrive.

Pour conclure

J’ai bien conscience que tout ce que je viens de vous expliquer risque d’en perturber plus d’un(e).

Alors pour conclure, voici ce que je vous demande de retenir :

  • Considérez que les étiquetages sans gluten conviennent à la majorité des personnes qui ont besoin de manger sans gluten pour des raisons médicales reconnues (en particulier la maladie coeliaque), mais pas tout le monde
  • En particulier, considérez que certains ingrédients tels que l’avoine (ou autres) pourrait provoquer des réactions et des effets nocifs sur la santé d’une partie des malades coeliaques et personnes sensibles au gluten en général.

Et voici l’erreur à ne surtout pas faire :

Ce serait une erreur de croire que l’étiquetage actuel des produits sans gluten vous permet d’acheter les yeux fermés et sans aucun risque juste parce qu’un produit a le « logo sans gluten »

J’aurais aimé pouvoir vous donner une conclusion plus positive. Malheureusement le risque existe.

Un homme averti en vaut deux, comme on dit…

Et si vous étiez dans ce cas sans même le savoir ? Et si votre enfant était dans ce cas ?

Vous-contenteriez-vous d’une situation qui n’est pas satisfaisante ?

La moindre des choses est de rester vigilant(e) systématiquement et sans exceptions lorsque vous acheter des produits sans gluten : lisez toujours l’étiquette !

C’est sur cette note que se termine la leçon d’aujourd’hui. Rendez-vous d’ici quelques jours dans votre boîte email pour la dernière leçon de cette série !!

A très vite,

Marc

ps. pour laisser vos commentaires c’est ici et maintenant !! Je me ferai un plaisir de vous lire et de vous répondre !

 

2 commentaires sur “Achetez-vous des produits avec le logo sans gluten les yeux fermés ?
  1. Marc Welter dit :

    Bonjour Joëlle,

    Merci pour ton commentaire. Je me suis permis de le déplacer ici, sous la leçon correspondante qui parle de l’avoine et du logo sans gluten.
    Pour te répondre :
    1/ ce que tu appelles « le très officiel sigle AFDIAG » est tout sauf très officiel. C’est une marque et non pas une certification liée à une quelconque réglementation ou régulation nationale ou internationale. Choquant, mais c’est le cas (si tu veux en savoir plus, n’hésite pas à me contacter en privé, je t’expliquerai).

    2/ ton expérience montre que TU n’es pas sensible à CE paquet spécifique de CETTE référence que tu as consommé. Cela ne contredit pas mon propos, c’est juste que tu ne sembles pas concernée à priori, et c’est tant mieux pour toi. J’ai développé plus bas dans le commentaire des explications à travers des références pour clarifier un peu cela. Et puis, je ne sais pas si tu as eu un diagnostic de maladie coeliaque, ou non. Si tu n’es pas coeliaque, il sera encore plus difficile de savoir si un mécanisme biologique pathologique se déclenche en présence de gluten de blé et/ou d’avoine, à faible dose et/ou à forte dose, après un contact ponctuel ou prolongé (ce que je sous-entendais indirectement dans la leçon 1 de ce cours, si tu te souviens).
    Qui a dit que les choses étaient simple…

    3/ Initialement, je ne souhaitais pas détailler ni compliquer la démonstration de mon propos dans cette leçon, et je me suis retenu de la charger de références bibliographiques par choix, et non pas par ignorance. Je voudrais te répondre en affirmant clairement ma position et je me permets donc de corriger ici cette omission de détails et références (mais j’ai peur que ça n’aide pas forcément celles et ceux qui découvrent à peine la problématique du gluten…) :

    Réference #1 : Rashid, M., D. Butzner, V. Burrows, M. Zarkadas, S. Case, M. Molloy, R. Warren, O. Pulido and C. Switzer (2007). « Consumption of pure oats by individuals with celiac disease: a position statement by the Canadian Celiac Association. » Can J Gastroenterol 21(10): 649-651.
    Cet article montre que l’association des coeliaques canadienne a milité et démontré que l’avoine testée sans gluten est tolérée par « la plupart des malades coeliaques ». Cela correspond à ton expérience aussi, et la formulation du texte sous-entend malgré tout que certains malades ne tolèrent pas cette céréale !
    Ils essaient juste d’ignorer poliment ce qui les dérange : manger de l’avoine n’est pas sans risque pour tous !!

    Aujourd’hui les réglementations d’étiquetage sans gluten sont en accord avec ce point de vue, et ignorent totalement la référence suivante (et d’autres qui vont dans ce sens d’ailleurs) :

    Référence #2 : Comino, I., L. Moreno Mde and C. Sousa (2015). « Role of oats in celiac disease. » World J Gastroenterol 21(41): 11825-11831.
    Cet article discute l’importance de connaitre le cultivar d’avoine précis pour savoir s’il présente un risque pour les malades coeliaques, et ceci même si sa production respecte les « standards sans gluten » à 10 ou 20 ppm. Cette information du cultivar n’est JAMAIS INDIQUÉE sur les paquets de flocons d’avoine, ou de farine d’avoine, etc. Au moment d’écrire ce commentaire, l’absence de l’information sur le cultivar d’avoine fait de cette céréale une véritable roulette russe pour certains malades (et personnes sensibles au gluten plus généralement), et c’est exactement de ça que je veux parler dans cette leçon du jour !

    Référence #3 : Benoit, L., J. Masiri, I. A. Del Blanco, M. Meshgi, S. M. Gendel and M. Samadpour (2017). « Assessment of Avenins from Different Oat Varieties Using R5-Based Sandwich ELISA. » J Agric Food Chem.
    Le hasard fait justement que cette étude vient d’être publiée juste 2 jours avant ton commentaire. Les auteurs y ont montré qu’en utilisant le test de dosage du gluten par technique d’anticorps « officiel », utilisé à ce jour comme LA référence pour définir l’étiquetage sans gluten (ou pas) cela peut donner des résultats positifs pour certains cultivars d’avoine (il faut comprendre « que l’échantillons contient du gluten selon la définition actuelle »). Les auteurs ne savent pas pour autant si cela pourrait se traduire en manifestations cliniques chez un malade en consommant. Ils conseillent de faire des évaluations cliniques de cela dans de futures études.

    Cette 3ème référence est là pour dire que le sujet reste controversé, et sujet à polémique (et je pourrais citer de nombreuses autres références) :

    Les producteurs de céréales cherchent à démontrer que l’avoine est sans risque (pour le vendre au plus grand nombre, plutôt que de se soucier qu’une proportion des coeliaques sera malade en consommant de cette avoine, même celle réputée sans gluten…). L’argent passe avant la santé, et c’est pour cela que de puissants messages marketing viennent semer le trouble. Cela me désole, et cette leçon est un moyen de lutter contre ce type de conflit d’intérêt qui n’est définitivement pas au service des plus fragiles/faibles.

    Au final, l’information est une force.
    D’autres études qui n’annoncent pas de conflit d’intérêt invitent à la prudence.
    Et c’est la position que j’ai choisie aussi. Résolument.

    Encore merci pour ta question.
    Amicalement,
    Marc

  2. Joëlle dit :

    Bonjour Marc, j’ai une question au sujet du « logo sans gluten » dont tu parles, et dont tu expliques qu’il ne faut pas s’y fier. Ce que tu dis concerne-t-il le très officiel sigle « AFDIAG » que l’on trouve sur les paquets? Je pense (enfin, c’est plutôt mon intestin qui me l’a dit) que l’on peut acheter en confiance des flocons d’avoine certifiés par cette association, non? Il m’est arrivé d’ingérer à mon insu de l’avoine non certifiée, ce que mon ventre n’a pas du tout apprécié… Par contre, après avoir longuement hésité, j’ai fini par acheter un paquet de flocons d’avoine avec le label AFDIAG et là, à mon grand bonheur, aucun problème. C’est dans la tête, docteur?
    Merci une fois encore pour toutes tes recherches.

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